Les sheriffs américains adoptent une position neutre sur le CLARITY Act après des échanges avec Washington
Après des échanges avec la Maison Blanche, l’organisation des sheriffs adopte une position neutre, ce qui pourrait réduire la résistance au CLARITY Act au Sénat.

À retenir
- La Major County Sheriffs of America retire son opposition au CLARITY Act et adopte désormais une position neutre.
- Ce changement intervient après des échanges avec le gouvernement américain au sujet de la Section 604, censée protéger les développeurs blockchain non custodial.
- La MCSA réclame toutefois un rôle pour les autorités locales, des moyens supplémentaires et des sièges dans des groupes consultatifs, tandis que le Sénat a encore besoin de 60 voix.
La Major County Sheriffs of America (MCSA) a mis fin à son opposition au CLARITY Act et se place désormais en position neutre. Ce changement de ton intervient après des échanges avec le gouvernement américain au sujet de la Section 604, une disposition du projet de loi consacrée au statut des développeurs blockchain non custodial. Pour le marché des cryptomonnaies, ce signal compte : le texte semble désormais rencontrer moins de résistance au Sénat.
Opposition à la Section 604
La Section 604 est aussi connue sous le nom de Blockchain Regulatory Certainty Act. Elle vise à protéger les développeurs qui n’ont aucun contrôle sur les fonds des clients, afin qu’ils ne soient pas automatiquement soumis aux règles applicables aux services de transfert de fonds. C’est précisément ce point qui avait suscité les réserves de plusieurs organisations de police, inquiètes de voir la lutte contre la criminalité financière liée à la crypto devenir plus complexe.
La MCSA représente des sheriffs dans des comtés de 500 000 habitants ou plus et affirme servir plus de 120 millions d’Américains, soit environ un tiers de la population américaine. Son opposition exprimée le 14 mai pesait donc dans le débat autour du CLARITY Act. L’organisation indique désormais que des précisions supplémentaires ont été apportées sur l’interprétation et l’application de la Section 604.
Ce que demandent désormais les sheriffs
L’organisation ne va pas jusqu’à soutenir le projet de loi. En revanche, la MCSA demande que les États et les autorités locales aient un rôle officiel dans l’enquête du Trésor menée au titre de la Section 309. Elle souhaite aussi obtenir des sièges dans des organes consultatifs et dans des groupes de travail interagences qui seraient créés en vertu du texte.
La MCSA réclame également des financements pour la formation, la technologie et la blockchain forensics. Selon les sheriffs, les services locaux sont en première ligne face aux délits numériques, qu’il s’agisse de fraude, de ransomwares, de stupéfiants ou d’exploitation d’enfants. Cette position rejoint les inquiétudes plus larges des forces de l’ordre, qui estiment que la Section 604 pourrait laisser des angles morts dans la surveillance ainsi que dans les contrôles KYC et AML, par rapport aux règles financières traditionnelles.
La pression sur le Sénat diminue
Le calendrier joue aussi un rôle. La veille, NOBLE avait déjà été la première organisation de police à afficher son soutien au projet de loi. La sénatrice Cynthia Lummis a défendu le texte face aux critiques d’Elizabeth Warren et a mis en avant plus de 16 garde-fous intégrés contre le financement illicite.
Pour les observateurs européens de la crypto, ce revirement illustre à quel point le débat américain sur la réglementation et l’application de la loi reste étroitement imbriqué. Le CLARITY Act a toujours besoin de 60 voix au Sénat avant la pause estivale, tandis que Galaxy Research a récemment estimé à 50% la probabilité d’adoption. La disparition d’une opposition locale d’envergure peut donc réduire la pression politique autour du texte, même si l’issue dépendra encore des négociations à Washington.