Conseil de l'UE approuve à l'unanimité le règlement MiCA
Dans la course d'obstacles qui dure depuis des années, le règlement MiCA a encore franchi un nouvel obstacle : l'approbation du Conseil de l'UE.

Dans la course d'obstacles qui dure depuis des années, le règlement MiCA a encore franchi un nouvel obstacle : l'approbation du Conseil de l'UE. Cette étape permet à la zone économique de se distinguer davantage des États-Unis.
L'Union européenne (UE) a franchi une nouvelle étape dans la mise en œuvre du règlement MiCA. Le Conseil européen a adopté le cadre juridique révolutionnaire à l’unanimité. On s’attendait de toute façon pas à ce que les 27 ministres des Finances de tous les États membres s’opposent à la législation déjà adoptée par le Parlement européen. Une étape majeure : l’adoption formelle du règlement aujourd’hui, le 16 mai, constitue la dernière étape du processus législatif.
Ainsi, l’Europe devient la première grande zone économique à disposer d’un cadre de cryptorégulation propre pour les cryptos. Cette évolution était également nécessaire d’urgence, comme l’explique le ministre suédois des Finances dans une déclaration :
''Des événements récents ont confirmé qu’il est absolument nécessaire d’établir des règles protégeant mieux les investisseurs européens et de prévenir les abus de l’industrie cryptographique pour le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme''.
MiCA régule les prestataires de services cryptographiques
Le règlement introduit surtout des changements drastiques pour les prestataires, qui devront se conformer à une série de nouvelles règles à partir de 2025. Ainsi, les émetteurs de crypto (appelés Virtual Asset Service Providers, VASP) devront à l’avenir obtenir un permis obligatoire s’ils veulent opérer dans l’UE. Le permis couvrira alors l’ensemble de la zone économique.
En outre, le règlement MiCA oblige les projets cryptographiques à publier un « whitepaper » contenant des informations détaillées sur l’activité et le design des pièces ou jetons. Pour les citoyens de l’UE, ces mesures visent surtout une chose : la protection des consommateurs.
Qu’adviendra-t-il ensuite de MiCA ?
Cependant, le règlement ne couvre pas tous les domaines. Le staking, le lending, les NFT et, last but not least, le domaine de la finance décentralisée (DeFi) restent pour l’instant en dehors du cadre crypto-réglementaire. Ces sujets feront l’objet d’un règlement ultérieur. Dans la version actuelle de MiCA, le Parlement enjoint à la Commission de « suivre les évolutions du marché NFT ». Il est fort probable que l’UE s’attaque ensuite au domaine des singes distraits, démons et autres arcanes.
L’Europe rattrape les États-Unis
Alors que les entreprises cryptos européennes peuvent désormais suivre des règles claires, les États-Unis prennent du retard. En effet : l’industrie outre-Atlantique traverse une période difficile. Ces derniers mois, les autorités de régulation ont renforcé leur ton vis-à-vis de l’industrie. En tête : la Securities and Exchange Commission (SEC) américaine. L’autorité a lancé une série de mesures contre plusieurs entreprises cryptographiques aux États‑Unis. L’accusation demeure la même : négociation d’actifs non enregistrés.
Plutôt que de développer un cadre réglementaire clair, la SEC préfère s’appuyer sur les règles existantes. Les crypto-entreprises basées aux États‑Unis en ont désormais assez et regardent à l’étranger. Notamment vers l’Europe."