Ron DeSantis veut devenir président : bon pour la crypto, mauvais pour les États-Unis ?
Il n’a aucune indulgence pour l’avortement, les droits des personnes LGBTQ+, le langage woke, les restrictions sur les droits sur les armes ou l’immigration illégale.

Il n’a pas une opinion favorable sur l’avortement, les droits des personnes de la communauté LGBTQ+, le langage woke, les restrictions sur les droits sur les armes ou l’immigration illégale. Redouté par les démocrates comme le porteur du mal, Ron DeSantis est acclamé par les conservateurs de droite comme le sauveur de la nation. Le gouverneur de Floride divise le électorat américain de manière similaire à ce que faisait avant lui l’ex-président Donald Trump. Et il doit aussi faire attention à DeSantis. Car beaucoup le voient comme une version plus tranchante du 45e président américain : un Trump 2.0. Bientôt, le Parti républicain tranchera entre ces deux candidats.
Car aujourd’hui, le 24 mai, ce sera officiel : DeSantis va annoncer sa candidature à 18h00 (minuit, heure locale) lors d’un Twitter Space, organisé par Elon Musk. View post on X a confirmé cet événement. Des rumeurs sur sa candidature présidentielle circulent depuis des mois.
La nouvelle a aussi fait sensation dans l’espace cryptographique. Car Ron DeSantis est aussi: un partisan du Bitcoin. Son arrivée à la Maison-Blanche mettrait-elle fin à la politique actuelle durement anti-crypto de l’administration américaine ?
Ron DeSantis : Bitcoin oui, CBDC non
S’il ne s’agit pas des droits des minorités, un seul mot prévaut dans l’idéologie politique de DeSantis : « liberté ». Cela inclut aussi la liberté financière des Américains. Le candidat présidentiel voit cette liberté menacée par une monnaie numérique de banque centrale. Pour éviter cette « étreinte numérique du Grand Frère », DeSantis a signé le 12 mai une loi anticBDC dans le cadre de la loi de l’État, Floride. La monnaie numérique menacerait la vie privée et la liberté économique, limiterait les droits individuels et ralentirait l’innovation. Cette loi vise à en interdire l’usage. Outre le dollar numérique, il est aussi question du yuan numérique très controversé en provenance de Chine.
Bitcoin, en revanche, bénéficie toujours du soutien du gouverneur de Floride en tant que contrepoids à la CBDC. Déjà en mai 2021, DeSantis signait une loi prévoyant un cadre légal pour les cryptomonnaies et précisant que les particuliers doivent pouvoir négocier des cryptomonnaies sans licence. Lors de la présentation du budget 2022, DeSantis déclarait : « Notre position en tant qu’administration d’État est que cela [les cryptomonnaies] est quelque chose que nous accueillons. Nous voulons que l’État soit crypto-friendly. » En mars de l’année dernière, il signait une loi autorisant le paiement des impôts via Bitcoin et d’autres cryptomonnaies.
États-Unis vs Crypto : DeSantis met-il fin à la ligne dure de la SEC ?
Depuis l’affaire FTX, l’industrie crypto aux États-Unis traverse une période difficile. Le régulateur boursier SEC a poursuivi à de nombreuses reprises des entreprises, le président américain Joe Biden ayant demandé une hausse des impôts pour les mineurs et Elizabeth Warren a mis en garde contre les dangers du Bitcoin et consort.
Ron DeSantis n’imposera pas le silence aux crypto-critics, même s’il devient président des États-Unis. Mais cela implique une grande influence. Le président nommé des SEC serait ensuite soumis à la validation du Sénat. Les jours de Gary Gensler à la tête de la SEC pourraient être comptés sous l’ère DeSantis.
Une victoire de DeSantis inciterait certaines entreprises du secteur à rester dans le pays grâce à des réductions d’impôt, à son affinité déjà démontrée pour les cryptos et à une politique économique libérale. Certaines entreprises envisagent déjà de s’installer ailleurs, comme Coinbase, Gemini et Circle. Et la cryptosphère voit donc en la candidature de DeSantis une victoire, tandis que de grandes parties du public mondial observent avec inquiétude Jacksonville – et peut-être Washington bientôt.