Polymarket vise 20 milliards de dollars de valorisation alors que la concurrence s’intensifie
Polymarket attire à nouveau des capitaux, tandis que Coinbase, Robinhood et Kalshi renforcent eux aussi leur présence sur le marché de prédictions. La bataille pour les parts de marché et le cadre réglementaire s’en trouve encore plus vive.

À retenir
- Polymarket cherche de nouveaux capitaux sur la base d’une valorisation de 20 milliards de dollars, après une précédente levée en avril sur la base de 15 milliards de dollars.
- Intercontinental Exchange a investi 600 millions de dollars dans cette précédente levée de fonds, selon Bloomberg.
- Son concurrent Kalshi cherche des capitaux sur la base d’une valorisation de 40 milliards de dollars, tandis que Polymarket s’appuie sur une infrastructure blockchain et un règlement en crypto.
Polymarket cherche à lever de nouveaux capitaux sur la base d’une valorisation de 20 milliards de dollars, a rapporté Bloomberg mardi, en citant des sources proches du dossier. La plateforme de marché de prédictions, construite sur la blockchain, discute donc à nouveau avec des investisseurs, quelques mois seulement après une levée de fonds conclue en avril sur la base d’une valorisation de 15 milliards de dollars (13 milliards d’euros).
Une valorisation qui grimpe vite
Cette précédente opération comprenait, selon le reportage, un investissement de 600 millions de dollars (521 millions d’euros) d’Intercontinental Exchange, propriétaire du New York Stock Exchange. Un signal qui montre que l’attrait pour les marchés de prédictions dépasse largement les seuls acteurs natifs de la crypto et intéresse aussi des poids lourds de l’infrastructure de marché.
Polymarket se présente depuis longtemps comme un outil d’information plutôt que comme un simple site de paris. En mars, son PDG Shayne Coplan expliquait que les marchés de prédictions permettent aux utilisateurs d’exprimer leur conviction lorsqu’ils s’écartent du consensus, tout en décrivant la plateforme comme un baromètre utile du monde. À plus long terme, son ambition est de dépasser les seuls événements qui font la une pour bâtir une sorte d’almanach élargi de l’avenir.
Une concurrence de plus en plus frontale
Le calendrier de ce nouveau tour de table coïncide avec un marché en pleine expansion aux États-Unis. De plus en plus d’entreprises crypto natives ajoutent les marchés de prédictions à leur offre, à l’image de Coinbase et Robinhood. Dans le même temps, Kalshi, principal rival de Polymarket, cherche lui aussi des capitaux sur la base d’une valorisation de 40 milliards de dollars (34,7 milliards d’euros), selon Bloomberg.
La différence entre les deux acteurs tient aussi à leur architecture. Kalshi opère comme une plateforme d'échange crypto réglementée au niveau fédéral aux États-Unis, tandis que Polymarket repose sur une infrastructure blockchain et un règlement en crypto. Les deux plateformes visent donc des profils de traders différents, même si elles couvrent des événements et des résultats comparables.
Pourquoi cela compte pour les investisseurs européens
Pour les lecteurs européens de la crypto, cette évolution montre que les marchés de prédictions passent peu à peu du statut de produit de niche à celui de catégorie plus large, dans laquelle les entreprises crypto comme les acteurs financiers traditionnels investissent. L’association entre blockchain, règlement en crypto et intérêt institutionnel croissant pourrait aussi peser sur la manière dont ce segment se développe au-delà des États-Unis.
Cette dynamique s’inscrit enfin dans une tendance plus large, où les entreprises crypto élargissent leur offre au-delà du simple trading spot. Pour les investisseurs comme pour les observateurs du marché, le point clé reste le même : les valorisations dans ce segment peuvent monter très vite, alors que le secteur demeure sensible aux écarts de réglementation entre plateformes et juridictions.